La succession écologique : pourquoi un jardin laissé à lui-même devient un bois
Arrêtez de tondre une pelouse et, en quelques années, des arbustes puis des arbres s'y installent. Ce n'est pas du désordre : c'est la succession écologique.
La succession écologique, c’est le remplacement progressif, et sur une longue période, des plantes qui occupent un terrain. Chaque groupe de plantes modifie le sol et la lumière, et prépare la place du suivant. Toulouse Métropole la décrit en trois stades.
Les trois stades
Les pionniers. Sur un sol nu, les premiers à s’installer sont des lichens et des mousses, puis des plantes adaptées à des conditions dures. Ils commencent à former un sol en y accumulant de la matière organique. Peu d’espèces vivent à ce stade.
Les herbes et les arbustes. Sur ce sol amélioré, des plantes herbacées puis des arbustes s’installent. La matière organique continue de s’accumuler, et le nombre d’espèces, plantes et animaux, augmente.
La forêt. Au dernier stade dominent des arbres adultes, avec plusieurs étages : herbes, arbustes, arbres. C’est ce que les écologues appellent le climax, un état d’équilibre avec le climat et le sol. Futura rappelle que c’est une notion théorique, et que, sous nos latitudes, la végétation climacique est la forêt.
Le bouleau, un arbre pionnier
L’Office national des forêts décrit le bouleau comme un « pionnier » : il pousse sur un sol minéral nu, sans humus, et reconquiert les friches. En formant l’humus, il prépare la venue d’autres arbres. C’est pour cela qu’on voit souvent des bouleaux sur les terrains abandonnés, avant les chênes ou les hêtres.
Ce que cela change au jardin
Un jardin est une succession arrêtée. Une pelouse tondue reste au stade des herbes parce qu’on la tond. Une haie taillée reste une haie parce qu’on la taille. Le jardinage consiste, en grande partie, à tenir un stade.
Plus on s’éloigne du stade naturel, plus l’entretien augmente. Un parterre ras et net, comme dans notre jardin à la française, demande des tailles régulières. Un sous-bois de bouleaux et de vivaces d’ombre, plus proche de ce que le terrain ferait seul, en demande moins.
Laisser un coin évoluer. Une bande de pelouse non tondue, au fond du jardin, montre la succession à l’œuvre : d’autres plantes y apparaissent au fil des saisons. Gardez-la si elle vous plaît, tondez-la si elle gagne trop.
Couvrir le sol. Un sol nu est un terrain neuf pour les pionniers, c’est-à-dire pour ce qu’on appelle les mauvaises herbes. Un couvre-sol, comme le millepertuis rampant sur le talus de notre jardin en pente, occupe la place avant elles.
Pour aller plus loin
Sources
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